Ecrire

04Mar 2014

Ce n’est pas un article à charge contre le premier ministre actuel, éphémère, et ancien maire de Nantes, c’est un prétexte, un exemple, c’est l’empirisme du smiley qui m’intéresse dans l’usage de ces « émoticônes » de la part du dit Jean-Marc sur Twitter.

C’est n’est plus un épiphénomène lié aux moins de 25 ans sur les réseaux sociaux, une grande partie des adultes utilise ces « smileys » pour exprimer une émotion ou simplement ponctuer un message avec vigueur.

« Ô rage, ô désespoir, ô vieillesse ennemie …» disait Don Diègue sous la plume de l’illustre Pierre Corneille, je peine moi-même (je suis encore un jeune homme, je vous l’assure, on me l’a dit sur le marché, il y a quelques jours) à en comprendre l’usage.

A-t-on perdu les mots et leur usage au point de devoir « vous faire un dessin », un smiley ?

Les mots ne servent-ils pas à exprimer une émotion ? Sommes-nous si pauvres en vocabulaire pour devoir nous exprimer par des images ?

Je comprends doucement la technique moderne, celle où il faut s’exprimer le plus rapidement, celle où l’on nous demande d’apprendre la synthèse à nos élèves alors qu’ils ne maîtrisent pas encore l’orthographe, celle où faire un dessin permet de décrocher un sourire d’un visage ombrageux. Faire sourire, faire pleurer, autant d’émotions qui, autrefois, étaient incarnées par la littérature et qui, aujourd’hui, doivent obligatoirement tenir en moins de 140 caractères.

ayrault tweet noël nonobstant écrivain public nantes smiley

Jean-Marc Ayrault tente d’incarner une fonction autant qu’une époque, maladroitement, depuis Noël dernier. Quelqu’un de sa famille, un jeune, un petit neveu, une petite-fille, lui aura sans doute montré comment installer l’application permettant l’usage de ces petits caractères émotionnels sur son smartphone. Depuis, il l’a utilisé à quelques reprises.

Patriotique, avec le drapeau français flottant pour exprimer sa fierté lors d’un évènement sportif (Handball).

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Sportif toujours avec une paire de skis adaptée à la fois aux J.O et aux vacances hivernales des français favorisés, toujours associé au drapeau français.

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Un pouce levé pour une performance musicale des Daft Punk.

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Et, le dernier en date à l’écriture de cet article, une voiture, pour récompenser l’élection de la 308 comme voiture de l’année.

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Une société de l’image doit-elle perdre totalement l’usage de l’écrit ? Même si « les mots manquent aux émotions », si l’on doit s’en référer à Victor Hugo, je ne suis pas sûr que l’émoticône puisse pallier cela.

01Fév 2014

Écrire une lettre de motivation n’est pas chose aisée, c’est pourtant une part essentielle du duo « CV et lettre de motivation obligatoires » lorsque vous répondez à une offre d’emploi.

En France une lettre de motivation n’est pas lue du tout dans les deux tiers des cas et pour le tiers restant, elle n’est l’objet d’une étude que de 6 à 8secondes. Pourtant l’absence de cette lettre vous ferme automatiquement les portes de l’embauche. Il faut donc être percutant, synthétique et précis. Il faut que vous sachiez faire sortir votre lettre du lot.

Quelques conseils pour réussir à faire une bonne lettre de motivation:

1. Le premier conseil serait de faire appel à nos services ! En effet, une lettre originale a bien plus de chance de séduire un employeur qu’une lettre copiée/collée par manque de temps, de passion ou tout simplement de confiance en vous.

2. Deuxième conseil qui découle du premier, n’allez pas chercher vos lettres de motivations sur le net si vous n’avez pas un peu d’expérience dans l’écriture. Même si certains sites peuvent vous inspirer, comme celui du Nouvelobs, une lettre copiée depuis l’un de ces sites n’a que peu de chance ou ne fera pas peser la balance en votre faveur en cas de CV équivalents au votre.

3. En France (ce qui n’est pas le cas en Suisse par exemple), il faut faire court, une page, une demi-page réelle de texte, cela suffit, les employeurs et les personnels des ressources humaines reçoivent des centaines de lettres, ce n’est pas par la taille de votre courrier que vous ferez la différence.

4. Ne pas mentir. Aujourd’hui plus que jamais le mensonge sur vos documents ne pourrait vous porter que préjudice par la suite. Vous pouvez toutefois, tourner les éléments en votre faveur grâce à un bon choix sémantique.

5. Il faut terminer votre lettre en n’ayant pas tout dit, il faut donner l’envie d’une rencontre, pour en apprendre plus sur vous et votre potentiel. Une rencontre entraîne dans plus de 70% des cas à l’embauche.

6. Avant d’appuyer sur envoi ou de mettre votre lettre à la poste. Il faut vous relire !!! Une faute d’orthographe dans une lettre de motivation et c’est le poste qui peut vous « passer sous le nez » pour un « s » oublié au pluriel ou un mauvais choix parmi les homophones grammaticaux.

7. Faites appel à Nonobstant si vous doutez, nous sommes là pour cela !

25Jan 2014

L’an 1. Écrivain public depuis un an.

Pierre LEGRIX. Écrivain public.

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La plupart du temps, lorsque j’annonce l’intitulé de mon métier, cela suscite dans le meilleur des cas l’intérêt, souvent l’interrogation, et parfois même le cynisme. J’aime à me dire que pour ce dernier, c’est la jalousie qui parle, comme tout le monde se le dit lorsque l’on ne se sent pas suffisamment sûr de soi.

Je suis écrivain public.

Ce métier n’est pas mon activité principale, mon premier métier c’est prof, prof de Français, de Latin et de Grec. Grâce à mon statut d’enseignement particulier, je peux m’adonner à une seconde activité professionnelle, j’ai choisi de créer mon autoentreprise d’écrivain public. Je ne voulais pas être de ceux qui alimentent sans cesse les forums Internet des professeurs contractuels autoproclamés « précaires de l’Éducation Nationale », j’ai choisi de ne pas jouer à ce jeu-là.

On m’avait déjà parlé de la création d’entreprise, on m’avait aussi assuré qu’à mon « jeune âge » cela ne devrait pas poser de problème de se lancer dans le grand bain et d’être mon propre patron. Naïvement je croyais faire partie d’un petit nombre d’hurluberlus voulant vivre de liberté d’entreprendre et d’eau fraîche.

Dès le début, l’autoentreprise me semblait être la meilleure solution et en quelques clics étrangement simples mon entreprise était créée et moins de quatre jours plus tard je recevais par courrier postal (sensé être plus sécurisé qu’un email) mon numéro Siret.

Ce jour-là ma femme me regarda, amusée et m’annonça que j’étais désormais un « patron ».

Moi, patron…

Je suis un patron, sans salarié, sans bureau, sans cabinet, à mi-temps, et sans connaissance particulière en gestion comptable, en finances ou en communication.

Je ne sais plus quelle bonne âme m’avait conseillé de choisir le prélèvement libératoire ; « Tu verras, c’est plus simple, ça permet de ne pas mélanger tes impôts personnels et les impôts de ton autoentreprise. » C’est à la fois le seul et le meilleur conseil que j’ai reçu.

Pour commencer mon activité, j’ai dû trouver un nom, une appellation, une « façade » pour héler le client. J’ai choisi le mot que je préfère dans la langue française : Nonobstant. J’ai toujours trouvé le son de ce mot parfait, équilibré, orgueilleux sans être fier.

Nonobstant, écrivain public à Nantes. Je ne me doutais pas encore que ces quelques mots j’allais avoir à les écrire tous les jours. Je le fais encore aujourd’hui. C’est la première étape, c’était il y a un an maintenant.

C’est avec passion que j’ai vécu cette année, et c’est avec passion que je me lance dans celle qui arrive. En janvier dernier je lançais mon activité, inscription en ligne, appellation de l’entreprise, choix des locaux, c’est depuis le petit bureau de mon appartement nantais que je dirige mon autoentreprise.

 Un bureau de bois clair, un ordinateur portable, une ramette de papier 90 grammes, quelques bons stylos Bic. Les frais de lancement sont limités. C’est une bonne chose. J’avais déjà chez moi tout ce matériel, il ne me restait plus qu’à me rendre visible aux yeux de mes potentiels clients.

Avec une formation littéraire je ne savais, très honnêtement, pas par quoi commencer. J’ai ouvert un livre de comptes, créé un patron Word pour mes devis et mes factures, et j’ai commencé à réfléchir à un logo.

Par chance, mon frère étant graphiste, il me proposa très vite de créer ce fameux logo, et de me fabriquer ce que l’on appelle une « identité visuelle » dans le métier, une forme de charte graphique de l’entreprise, il faut être reconnu d’un coup d’œil surtout lorsque l’on se propose d’écrire pour ceux qui n’aiment souvent pas lire.

Un vieux métier et Internet.

Même si le métier d’écrivain public doit être au moins aussi vieux que celui de prostituée, lorsque l’on est entrepreneur au XXIe siècle il faut avoir un site internet (même ces dames à louer sont présentes « online » apparemment). Ne connaissant aucun créateur de site, et ayant vu le prix des webdesigners sur le marché virtuel, j’ai décidé d’essayer de créer moi-même mon site internet pour réduire les risques d’un échec dans ma création d’entreprise.

PHP, HTML, CSS, balises méta, référencement, SEO. Autant de vocabulaire barbare pour un littéraire, sémantique qui me parle néanmoins un peu plus qu’il y a un an.

Quelques semaines plus tard, mon site (la première version, il y en a eu au moins 5, en fonction de mes petits progrès en la matière) était en ligne et prêt à envoyer mes premiers clients vers mon numéro de téléphone ou vers mon courriel.

Quelques semaines plus tard, au bon vouloir de l’algorithme Google, qui choisit si votre site mérite d’être sur la première page ou sur les inutiles suivantes, ma première cliente m’appelle, une charmante petite dame de 65 ans qui souhaitait écrire un passage de sa vie, un souvenir d’été dans les années 50, au souvenir de feu son mari qui domptait avec elle les rivières du sud de la France sur le dos d’un canoë en bois.

Quelques jours plus tard, un autre coup de téléphone, un homme que je comprenais avec difficulté souhaitait que nous nous rencontrions pour rédiger son CV. Le lendemain, une journaliste du « Ouest France » répond à ma demande de contact et me propose même un encart dans son journal. Une semaine plus tard, un jeune réalisateur de films promotionnels me propose de faire une courte vidéo de mon activité et ensuite de la publier en ligne. C’est surpris aujourd’hui que j’observe le nombre de « vues » passer au-delà des 10.000.

Dès lors, je suis contacté pour un projet une bonne vingtaine de fois dans le mois, souvent pour des demandes de devis. Je ne m’étais pas vraiment préparé à cela et il m’arrive, comble du luxe, de refuser des projets, ma priorité allant à mon emploi du temps de professeur de Lettres Classiques.

Écrivain public, un métier d’avenir ?

Je ne sais pas si je peux dire qu’être écrivain public en 2014 c’est un « emploi » d’avenir. Je n’ai peut-être pas encore suffisamment de recul. Je me demande actuellement si, en travaillant davantage sur ma communication, je pourrais vraiment en vivre.

Depuis que mon site est arrivé en première page de Google sur mes mots clés principaux, je reçois de plus en plus d’appels et de courriels, de France, de Suisse, d’Allemagne, du Canada… Les particuliers ne sont plus les seuls à se renseigner, les entreprises arrivent et demandent, pour le moment, des devis elles aussi.

L’année 2013 était pleine de promesses, quid de 2014 ?

11Jan 2014

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1.« Je sais pas c’est qui » : D’abord on oubliera l’absence de négation « ne / pas », c’est assez courant à l’oral. Soit. L’inversion verbe / complément quant à elle semble plus problématique. Alors avant de se prendre un grand coup de Grammaire française dans la gueule on veillera à ne plus utiliser ce type d’énormité. « Je ne sais pas de qui il s’agit », mais je n’aimerais pas être à sa place.

2.« Malgré que.. ».: Cela ne fonctionne qu’avec le verbe « avoir » et implique l’usage du subjonctif, « malgré qu’elle ait ». Cette faute reste courante, même dans la belle littérature de gare. Si vous ne maitrisez pas votre subjonctif, ne vous y risquez pas avant d’avoir révisé votre Bescherelle des conjugaisons.

3.« Y’en a qui croivent »: Je crois que pour cette faute je serais capable de tout. C’est la faute qui m’exaspère le plus. Le verbe « croiver » n’existe pas. Au-delà de cette simple faute qui pourrait ne blesser que mes oreilles de prof de français, « croivent » traduit aussi l’inertie d’un milieu socioculturel, sortez de votre torpeur intellectuelle et bannissez « croivent », « soyent », « voyent », ou toute autre invention sonnant l’ancien français de cuisine. Il faut faire simple ! « Il y en a qui croient », « il faut qu’ils soient » ou « il faut qu’ils voient »… Même si ce type de conjugaison hasardeuse est monnaie courante à l’heure des jeux télévisés sur la première chaîne.

4.« Au jour d’aujourd’hui »: On parle ici de redondance, de pléonasme même, on dit deux fois la même chose. Trois fois même si l’on veut être très précis. Au jour (1), d’aujour(2)d’hui(3). Aujourd’hui suffira, essayons déjà de vivre dans le présent.

5.« Moi, personnellement » : En soi, cette expression n’est pas fautive. Pourtant, c’est un pléonasme, si vous utilisez « moi », le « personnellement » n’est plus nécessaire et inversement. Tout autre usage fait état d’un manque d’assurance ou, au contraire, d’un goût prononcé pour l’usage de la première personne (vous).

6.« Le stylo à machin » : C’est la faute que je retrouve le plus souvent dans la bouche de mes élèves. Malheureusement, on la retrouve aussi dans la bouche de leurs parents, oui, la connerie ce n’est pas inné… Alors, on reprend, comme on ne dit pas « les crottes à nez », mais « les crottes de nez », on ne dira pas « le stylo à machin », mais « le stylo de machin ». Pour les plus grands, on pensera aussi au « fils de p*** » et pas au « fils à p*** ».

11Jan 2014

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Écrire un roman, c’est aller plus loin que raconter une belle histoire, c’est élaborer un cadre narratif, mettre en place une intrigue, inventer des personnages…

Écrire représente un emploi à temps plein, vous ne deviendrez pas Hank Moody ou Guillaume Musso (écrivain le plus lu en France l’année passée) sans vous entraîner rigoureusement. Même les écrivains les plus talentueux s’imposaient une ascèse dans l’écriture, pensez à Balzac ou à Rimbaud.

Apprendre à écrire ?

Certaines universités américaines proposent aujourd’hui des cours d’écriture de roman. Les classiques se retournent dans le tombeau à ciel ouvert. Écrire pourrait s’apprendre. En effet, certaines bases nécessaires à l’élaboration d’un roman sont incontournables. On parle de « technique romanesque ». On peut commencer par organiser son récit, faire un plan général de toute l’histoire, prévoir une organisation rigoureuse des dialogues, faire des fiches sur chacun des personnages pour pouvoir les décrire comme si l’on décrivait une personne réelle.

Bien sûr ces règles ne sont pas absolues, on trouvera toujours le génie d’un écrivain ne sachant pas là où son histoire se terminerait alors qu’il en est à l’écriture de l’avant-dernière page de son roman. Cela arrive. On trouve les mêmes dans le cinéma avec J J Abrams par exemple qui ne savait pas commet terminer Lost quelques jours avant le tournage du dernier épisode de la série.

Il ne faut jamais oublier que l’élaboration d’un roman, j’insiste sur le terme d’élaboration, avec cette idée de laboratoire, réside dans un long processus d’interrogations, pour certains de longs moments de pages blanches, pour d’autre des heures à hésiter sur le bon pronom, sur le mot juste.

Écrire un roman en quelques étapes.

Pour écrire un roman, on peut commencer ainsi :

-Un schéma narratif, simple ou plus développé.

-Définir les personnages, leurs caractères, faire le portrait, comme un profil Facebook pour chacun.

-Commencer à écrire les grandes lignes des scènes d’actions principales.

-Porter une attention toute particulière à certains passages cruciaux tels que la première phrase (demandez à F.Beigbeder), le premier chapitre, la fin et surtout le titre.

-Documentez-vous ! Plus d’excuses en 2013 avec le haut débit internet ! Pensez à recouper vos sources tout de même.

N’oubliez jamais que l’écriture d’un roman est un travail long et fastidieux, il est très rare d’écrire l’œuvre d’une vie en une nuit, vous passerez sûrement par des écueils, des réécritures. Le premier jet sera sûrement pour la poubelle. Mais sachez-le, ça en vaut la peine.

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