Ecrire

09Avr 2014

Her (elle)

Un homme du futur qui tombe amoureux d’un OS (Operating Système), a priori ce n’est pas un film qui m’intéresse lorsque je lis le synopsis.

Du point de vue de l’« écrivain public » je me devais tout de même d’aller y jeter un coup d’œil, car le métier du héros, justement, c’est écrivain public ! Par ailleurs j’aime assez les films d’anticipation, le genre de film où l’on vous dit comment le monde sera étrange dans moins de 20 ans. Souvenez-vous, « en l’an 2000 les voitures voleront toutes seules »…

Her, donc.

Déjà un petit aperçu du réalisateur, c’est Monsieur  Sofia Coppola, réalisateur de dizaines de clips pour des artistes aussi fameux que les Daft Punk, Kanye West, The  Beastie Boys et j’en passe. Spike Jonze est un réalisateur de génie déjà coupable de chefs-d’œuvre comme Dans la peau de John Malkovich ou Max et les Maximonstres qui, pour ce dernier, me trotte toujours dans la tête depuis sa sortie.

Dans Her, Jonze nous dresse un portrait subtil de la solitude supposée des Hommes dans un futur proche. Parfois amusant, attendrissant, triste et gai, le personnage de Théodore interprété par un Joaquin Phoenix au sommet de son art devient vite un compagnon dont on veut connaître l’avenir. Théodore travaille pour un site internet comme écrivain public, il écrit des fausses lettres manuscrites (il les dicte pour être très précis). Il est en cours de divorce et ne se remet pas bien de sa séparation, il ne sait plus comment séduire et cède à la facilité d’une amitié factice par l’achat d’un nouvel OS prêt à l’emploi. Samantha, la voix (celle de Scarlett Johansson, en vrai) est conçue pour évoluer en permanence, se choisit elle-même son prénom et s’immiscera tranquillement dans sa vie privée -et derrière la moustache de Théodore. On s’attend à une réécriture moderne du mythe de Pygmalion, mais … il faut savoir ménager le suspense.

La critique voilée de l’ultra connectivité moderne peut parfois s’avérer pesante, mais la photographie, la musique (oui, même la chanson de Scarlett Johansson !) et le jeu de Joaquin Phoenix font de ce film une véritable merveille. La solitude a rarement aussi bien été peinte au cinéma, la beauté des lumières et des détails forment un tout accompagnant l’univers parfaitement vraisemblable de cette anticipation dystopique.

14Mar 2014

Comme mon métier principal c’est professeur de lettres classiques, c’est-à-dire professeur de Français, de Latin et de Grec ancien, j’ai rarement l’occasion de parler crument dans mon quotidien professionnel. Pourtant cela pourrait être envisageable avec ce petit condensé d’insultes dans la langue d’Auguste (et pas de César qui était du genre à frimer, en parlant en Grec !).

Commençons par des insultes basiques, usuelles à Rome:

  • Brutus es = Tu es stupide !
  • Stultus es = Tu es idiot !
  • Vappa = Moins que rien !
  • Scelestus = Bandit !
  • Canis = Chien !
  • Sane coleus es = T’es un vrai couillon !
  • Abi pedicatum = Va te faire foutre !

Poursuivons par quelques tags retrouvés à Pompéi :

  • In cruce figaris = Va te faire crucifier !
  • Emboliari = Bouffon !
  • Fur = Voleur !
  • Furuncule =  Furoncle !
  • Tu mortus es = Tu es une charogne !
  • Tu nugas es =  Tu n’es rien !

On en trouve aussi chez Pétrone, Catulle ou Plaute : 

  • Mufrius = Charlatan !
  • Crucis offla = Gibier de potence !
  • Terrae tuber = (Tête de) Truffe !
  • Caepa cirrata = Oignon frisé !
  • Lumbrice = Ver de terre !
  • Furcifer = Pendard ! (qui mérite d’être pendu au bout d’une fourche)
  • Perjure = Parjure ! (anachronique ou pas = Judas !)
  • Caenum = Ordure ! (Très moderne)
  • Spurca saliva = Salive écœurante ! (mon préféré ! )

Il ne vous reste plus qu’à trouver la bonne société pour pouvoir les utiliser ! Retrouvez aussi toujours nos conseils en français !

Et pour que vous puissiez vous repérer parmi les époques de l’Antiquité romaine voici une petite chronologie de ma composition :

chronologie empereurs romains antiquité image

04Mar 2014

Ce n’est pas un article à charge contre le premier ministre actuel, éphémère, et ancien maire de Nantes, c’est un prétexte, un exemple, c’est l’empirisme du smiley qui m’intéresse dans l’usage de ces « émoticônes » de la part du dit Jean-Marc sur Twitter.

C’est n’est plus un épiphénomène lié aux moins de 25 ans sur les réseaux sociaux, une grande partie des adultes utilise ces « smileys » pour exprimer une émotion ou simplement ponctuer un message avec vigueur.

« Ô rage, ô désespoir, ô vieillesse ennemie …» disait Don Diègue sous la plume de l’illustre Pierre Corneille, je peine moi-même (je suis encore un jeune homme, je vous l’assure, on me l’a dit sur le marché, il y a quelques jours) à en comprendre l’usage.

A-t-on perdu les mots et leur usage au point de devoir « vous faire un dessin », un smiley ?

Les mots ne servent-ils pas à exprimer une émotion ? Sommes-nous si pauvres en vocabulaire pour devoir nous exprimer par des images ?

Je comprends doucement la technique moderne, celle où il faut s’exprimer le plus rapidement, celle où l’on nous demande d’apprendre la synthèse à nos élèves alors qu’ils ne maîtrisent pas encore l’orthographe, celle où faire un dessin permet de décrocher un sourire d’un visage ombrageux. Faire sourire, faire pleurer, autant d’émotions qui, autrefois, étaient incarnées par la littérature et qui, aujourd’hui, doivent obligatoirement tenir en moins de 140 caractères.

ayrault tweet noël nonobstant écrivain public nantes smiley

Jean-Marc Ayrault tente d’incarner une fonction autant qu’une époque, maladroitement, depuis Noël dernier. Quelqu’un de sa famille, un jeune, un petit neveu, une petite-fille, lui aura sans doute montré comment installer l’application permettant l’usage de ces petits caractères émotionnels sur son smartphone. Depuis, il l’a utilisé à quelques reprises.

Patriotique, avec le drapeau français flottant pour exprimer sa fierté lors d’un évènement sportif (Handball).

ayrault tweet handball nonobstant écrivain public nantes smiley

Sportif toujours avec une paire de skis adaptée à la fois aux J.O et aux vacances hivernales des français favorisés, toujours associé au drapeau français.

ayrault tweet ski nonobstant écrivain public nantes smiley

Un pouce levé pour une performance musicale des Daft Punk.

ayrault tweet pouce nonobstant écrivain public nantes smiley

Et, le dernier en date à l’écriture de cet article, une voiture, pour récompenser l’élection de la 308 comme voiture de l’année.

ayrault tweet voiture nonobstant écrivain public nantes smiley

Une société de l’image doit-elle perdre totalement l’usage de l’écrit ? Même si « les mots manquent aux émotions », si l’on doit s’en référer à Victor Hugo, je ne suis pas sûr que l’émoticône puisse pallier cela.

14Fév 2014

nonobstant illétrisme

Lire ce document mis en page par Paul Legrix au format pdf.

Marie attend depuis plusieurs heures devant l’agence Pôle Emploi Jean Moulin. Elle se demande pourquoi les rideaux métalliques sont tirés comme dans un magasin de pierres précieuses. Il n’y a absolument rien à voler dans un pôle emploi. Pas même les ordinateurs, trop vieux, ni le mobilier, trop inconfortable. C’est sûrement pour ne pas avoir envie de s’éterniser dans l’agence. Marie ne dit pas  à ses enfants qu’elle va au Pôle Emploi pour chercher du travail. Les enfants de

Marie sont au collège, en sixième pour le premier, l’autre, sa fille, en quatrième ; ils pourraient comprendre, mais elle a son honneur Marie, un honneur d’antan, une fierté où socialement quand on n’a pas de travail c’est qu’on l’a fait exprès, qu’on est une fainéante ou une profiteuse. Une assistée. Elle n’aime pas ce mot Marie quand elle l’entend à la télévision, elle se sent tout de suite visée, quand elle l’entend, elle change de chaîne.

La fille de Marie l’aide souvent, pour les tâches quotidiennes. Marie, passe beaucoup de temps devant à écouter la radio. Elle change rarement de station. Elle écoute le service public, France Info dans la salle de bain et France Inter dans la cuisine. On l’entend jusque dans la salle à manger.

Depuis 3 ans elle a un nouveau compagnon, Tom, il est plus jeune qu’elle de 5 ans, il est gentil avec ses enfants. Tom ne vit pas avec eux, il a son propre appartement, à quelques kilomètres de là. Marie ne veut pas encore qu’il emménage, elle s’est promis qu’elle ne refera plus confiance à un homme de sitôt. Tom attendra.

La porte du Pôle Emploi s’ouvre enfin. Il y a une douzaine de personnes avec Marie. Ils font tous patiemment la queue devant le petit pupitre de l’accueil. Elle est en cinquième position derrière une dame qui porte son panier, elle revient du marché, elle l’a déjà vu à l’agence la semaine dernière ou celle d’avant. Elle s’appelle Soumkamba. Marie parle peu avec les gens de l' »Agence » comme elle dit, le Pôle Emploi n’est pas le meilleur lieu de sociabilisassions qu’il soit. Elle s’y cache, elle y entre et elle en ressort masquée, cachée sous une écharpe l’hiver ou un foulard l’été, toujours avec une paire de lunettes noires, même quand il pleut comme aujourd’hui. Marie n’est pas la seule, sur les douze personnes présentes, aucune ne laisse voir entièrement son visage et devant le pupitre on susurre son nom, discrètement, secrètement. Pourtant, derrière leur pupitre, les conseillers qui travaillent ne se gênent pas pour vous appeler par votre nom complet. Marie aurait préféré avoir un numéro.

Pour nourrir ses enfants, Marie fait des ménages, elle va chez des particuliers pour nettoyer leur douche dégueulasse ou leur canapé souillé. Les miasmes des autres ne gênent pas Marie. Elle se sent utile. Sans ça elle le ferait quand même, il faut nourrir sa famille. Cette semaine, 8h de ménage à 11€ de l’heure, net, soit 88€. Le RSA comble un peu son salaire et lui permet de payer régulièrement le loyer de son logement social. La précarité est devenue la vie quotidienne de Marie. Elle sait qu’elle ne partira pas en vacances, elle sait que ses enfants attendront d’être grands pour faire du ski, elle, elle n’en a jamais fait, même avec Olivier son ex. Il gagnait pourtant honnêtement sa vie, mais avait aussi la passion des pièces détachées automobiles. Il est parti avec une femme plus jeune que Marie. Elle n’aime pas qu’on en parle.

C’est son tour, derrière le pupitre Mme Agathe lui donne le numéro du bureau où elle pourra rencontrer sa conseillère. Elle attend encore cinq minutes. Une personne qu’elle ne connaît pas lui ouvre la porte et lui offre une franche poignée de main, presque amicale. C’était la quatrième conseillère personnalisée de Marie en 6 mois. Elle s’appelle Agnès Bourgeois. À l’énoncé de son nom, Marie ne put s’empêcher d’esquisser un léger sourire. C’est rare de croiser des « bourgeois » au Pôle Emploi.

Le dossier de Marie n’est pas simple, elle ne travaille plus réellement depuis 8 ans, elle passe par des moments de micro intérim avant de revenir à des moments de « rien », des creux, des vides où elle ne vit qu’avec 500€ par mois. Son loyer lui coûte 380€ .Il ne lui reste que 120€ pour nourrir sa famille, habiller ses enfants, payer les factures, remplir le réservoir pour effectuer ses phases d’emploi, entretenir sa voiture pour ses frasques d’emploi… Marie ne s’en sort plus. La précarité est une maîtresse exigeante. Elle étouffe. Elle veut prendre le large, s’enfuir, parfois elle pense même à laisser ses enfants derrière, seuls, puis elle chasse très vite cette idée de sa tête en se giflant doucement le visage, comme pour se réveiller d’un mauvais rêve.

Marie n’était pas conditionnée à vivre ainsi. Sa famille n’était pas riche, ni pauvre d’ailleurs. La mère de Marie tenait une boutique de souvenirs et babioles en tous genres dans le golfe du Morbihan ; son père était fonctionnaire en mairie. Tous les deux ont soutenu leur fille durant ses 6 premières années ; avant qu’elle ne décide de ne plus parler, comme ça, du jour au lendemain. Marie ne dit plus un mot pendant quelques années. Elle ne parlait plus à l’école, ni à la maison. Ses parents l’emmenèrent chez toutes sortes de spécialistes, orthophonistes, psychiatres, psychologues et même chez des charlatans et autres rebouteux. Marie ne parlait toujours pas. Le duo parental fut rudement touché par cette épreuve, chacun se rejetait la faute du mutisme de leur fille, les raisons se faisaient de plus en plus farfelues ; manque d’attention, trop d’attention, surprotection, volonté d’abandon, tristesse lancinante, fatigue perpétuelle. Rupture. Le divorce des parents de Marie fut prononcé le 15 février et Marie ne parlait toujours pas.

La conseillère regarda Marie avec attention, longuement, sans rien dire. Pour une fois cette conseillère semblait chercher l’humain derrière le masque social et les lunettes noires. Elle reprend ses investigations, valide les éléments en sa possession, vérifie si Marie habite toujours à la même adresse, possède toujours le même numéro de téléphone. Elle ne lui demande pas si elle reçoit bien les aides sociales. Si elle arrive à vivre. Les conseillers ne sont pas formés pour cela.  Une énième fois on demande à Marie ce qu’elle souhaite faire. Comme si un adulte demandait à un enfant « et toi, tu veux faire quoi quand tu seras grande ? » ; Marie répond machinalement, tout ce que vous avez en entretien. Agnès Bourgeois lui propose une formation, pour étendre ses recherches, elle tente une argumentation bancale, cela étendrait son périmètre de recherches, mais il faudrait participer, car les formations payées et rémunérées par le Pôle Emploi ne fournissent pas vraiment d’emploi. Marie refuse. Elle refuse toujours les formations.

Un rendez-vous au Pôle Emploi dure 45min, les dix dernières minutes sont consacrées à la recherche d’emploi accompagnée. C’est toujours là que Marie trouve ses heures de ménage. La nouvelle, elle, elle ne doit pas être au courant, elle dépasse allègrement les 42 minutes de rendez-vous à la recherche d’une formation que Marie refusera de toute façon. Arrivé à la 43e minute, Agnès Bourgeois recule sa chaise à roulettes, sans bruit, elle roule sur la moquette verte hors d’usage, elle se lève et dit :

« – Je vous raccompagne Madame ? »

Alors Marie se lève. Lui sert la main et répond :

« -Merci, ça ira, au revoir. »

En quelques secondes Marie se retrouve à pousser la lourde porte de l’institution sociale française et se retrouve sur le trottoir, en face, l’arrêt de tramway brille encore dans la pénombre. Il pleut toujours. Elle court pour s’abriter, elle s’assoit sur le petit banc de l’abri en verre où elle retrouve Soumkamba. Elles sont côte à côte, le regard perdu derrière leurs lunettes noires. Elles font semblant de ne pas se connaître. Pourtant, Soumakamba aussi refuse les formations, Soumakamba aussi attend ses rendez-vous pour trouver des heures de ménage, Soumkamba aussi vit péniblement du RSA. Soumkamba aussi est illettrée.

Un français sur dix souffre d’illettrisme encore cette année. Vous pouvez toujours écrire, comme nous, pour eux, ça ne changera rien, parlons-en.   

01Fév 2014

Écrire une lettre de motivation n’est pas chose aisée, c’est pourtant une part essentielle du duo « CV et lettre de motivation obligatoires » lorsque vous répondez à une offre d’emploi.

En France une lettre de motivation n’est pas lue du tout dans les deux tiers des cas et pour le tiers restant, elle n’est l’objet d’une étude que de 6 à 8secondes. Pourtant l’absence de cette lettre vous ferme automatiquement les portes de l’embauche. Il faut donc être percutant, synthétique et précis. Il faut que vous sachiez faire sortir votre lettre du lot.

Quelques conseils pour réussir à faire une bonne lettre de motivation:

1. Le premier conseil serait de faire appel à nos services ! En effet, une lettre originale a bien plus de chance de séduire un employeur qu’une lettre copiée/collée par manque de temps, de passion ou tout simplement de confiance en vous.

2. Deuxième conseil qui découle du premier, n’allez pas chercher vos lettres de motivations sur le net si vous n’avez pas un peu d’expérience dans l’écriture. Même si certains sites peuvent vous inspirer, comme celui du Nouvelobs, une lettre copiée depuis l’un de ces sites n’a que peu de chance ou ne fera pas peser la balance en votre faveur en cas de CV équivalents au votre.

3. En France (ce qui n’est pas le cas en Suisse par exemple), il faut faire court, une page, une demi-page réelle de texte, cela suffit, les employeurs et les personnels des ressources humaines reçoivent des centaines de lettres, ce n’est pas par la taille de votre courrier que vous ferez la différence.

4. Ne pas mentir. Aujourd’hui plus que jamais le mensonge sur vos documents ne pourrait vous porter que préjudice par la suite. Vous pouvez toutefois, tourner les éléments en votre faveur grâce à un bon choix sémantique.

5. Il faut terminer votre lettre en n’ayant pas tout dit, il faut donner l’envie d’une rencontre, pour en apprendre plus sur vous et votre potentiel. Une rencontre entraîne dans plus de 70% des cas à l’embauche.

6. Avant d’appuyer sur envoi ou de mettre votre lettre à la poste. Il faut vous relire !!! Une faute d’orthographe dans une lettre de motivation et c’est le poste qui peut vous « passer sous le nez » pour un « s » oublié au pluriel ou un mauvais choix parmi les homophones grammaticaux.

7. Faites appel à Nonobstant si vous doutez, nous sommes là pour cela !

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