« A Berlin, en 2011.

Soixante-six ans après sa disparition, Hitler se réveille dans un terrain vague de Berlin. Et il n’est pas content : quoi, plus personne ne fait le salut nazi ? L’Allemagne ne rayonne plus sur l’Europe ? Tous ces Turcs qui ont pignon sur rue sont venus de leur plein gré ? Et, surtout, c’est une FEMME qui dirige le pays ?
Il est temps d’agir. Le Führer est de retour et va remettre le pays dans le droit chemin. Et pour ça, il lui faut une tribune. Ca tombe bien, une équipe de télé, par l’odeur du bon filon alléchée, est toute prête à la lui fournir.
La machine médiatique s’emballe et bientôt, le pays ne parle plus que de ça. Pensez-vous, cet homme ne dit pas que des âneries ! En voilà un au moins qui ne mâche pas ses mots. Et ça fait du bien, en ces temps de crise…
Hitler est ravi qui n’en demandait pas tant. Il le sent, le pays est prêt. Reste pour lui à porter l’estocade qui lui permettra d’accomplir enfin ce qu’il n’avait pu achever…

De mère allemande et de père juif-hongrois réfugié en Allemagne en 1956, Timur Vermes est né à Nuremberg en 1967. Après des études d’Histoire et de sciences politiques, il devient journaliste et contribue à de nombreux journaux et magazines. Succès colossal en Allemagne, vendu dans 35 pays, Il est de retour est son premier roman, bientôt adapté au cinéma. »

Le roman de Timur Vermes semble, comme ça, de loin, provocateur, d’ailleurs toute la presse le dit c’est sûrement pour cela que c’est faux. À mes yeux de simple lecteur, ce roman est légèrement dérangeant pour de nombreuses raisons, en particulier l’idée de réveiller de vieilles momies d’un passé allemand peu glorieux. On retrouve l’image d’un Hitler caricatural, fantasmé comme une figure d’un nouveau comique Allemand qui se voudrait corrosif. Jamais dans ce livre je n’ai pu m’imaginer un seul instant en présence d’un fait vraisemblable, ce qui était, il me semble, le but du petit Timur dans son entreprise littéraire. J’ai parfois souri sans jamais rire, non pas que l’humour sur les nazis ne me fasse pas rire, mais tout simplement parce que ce n’était pas drôle. Ce n’était donc pas drôle, ni vraisemblable alors que diable les Allemands et autres européens ont-ils trouvé dans cette œuvre pour en faire l’un des bestsellers de l’année ?

Peut-être le fait d’imaginer un monde des médias idiot, qui se laisserait, par bourgeoisie intellectuelle, envahir par l’extrémisme, ou peut-être aussi par amusement de se voir dépeindre une société sans valeur où l’extrémisme passé fait rire et voile l’extrémisme actuel qui grimpe, doucement, pernicieusement, en occident.

Pas la peine de le préciser davantage, je n’ai pas aimé Il est de retour, je n’ai pas trouvé ce livre bien écrit (je ne lis pas l’allemand, peut-être cela donne-t-il autre chose en VO ?), je n’ai pas aimé les valeurs ni le message transmis. C’est dommage, j’avais envie d’aimer ce livre dont la couverture m’avait beaucoup amusé.

About Pierre Legrix

Fondateur de Nonobstant, écrivain public à Nantes, je suis aussi professeur de Français, de Latin et de Grec dans la région nantaise. De formation Littéraire "Classique" j'apprends par moi-même l'informatique pour vous proposer ce site internet.

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