Her (elle)

Un homme du futur qui tombe amoureux d’un OS (Operating Système), a priori ce n’est pas un film qui m’intéresse lorsque je lis le synopsis.

Du point de vue de l’« écrivain public » je me devais tout de même d’aller y jeter un coup d’œil, car le métier du héros, justement, c’est écrivain public ! Par ailleurs j’aime assez les films d’anticipation, le genre de film où l’on vous dit comment le monde sera étrange dans moins de 20 ans. Souvenez-vous, « en l’an 2000 les voitures voleront toutes seules »…

Her, donc.

Déjà un petit aperçu du réalisateur, c’est Monsieur  Sofia Coppola, réalisateur de dizaines de clips pour des artistes aussi fameux que les Daft Punk, Kanye West, The  Beastie Boys et j’en passe. Spike Jonze est un réalisateur de génie déjà coupable de chefs-d’œuvre comme Dans la peau de John Malkovich ou Max et les Maximonstres qui, pour ce dernier, me trotte toujours dans la tête depuis sa sortie.

Dans Her, Jonze nous dresse un portrait subtil de la solitude supposée des Hommes dans un futur proche. Parfois amusant, attendrissant, triste et gai, le personnage de Théodore interprété par un Joaquin Phoenix au sommet de son art devient vite un compagnon dont on veut connaître l’avenir. Théodore travaille pour un site internet comme écrivain public, il écrit des fausses lettres manuscrites (il les dicte pour être très précis). Il est en cours de divorce et ne se remet pas bien de sa séparation, il ne sait plus comment séduire et cède à la facilité d’une amitié factice par l’achat d’un nouvel OS prêt à l’emploi. Samantha, la voix (celle de Scarlett Johansson, en vrai) est conçue pour évoluer en permanence, se choisit elle-même son prénom et s’immiscera tranquillement dans sa vie privée -et derrière la moustache de Théodore. On s’attend à une réécriture moderne du mythe de Pygmalion, mais … il faut savoir ménager le suspense.

La critique voilée de l’ultra connectivité moderne peut parfois s’avérer pesante, mais la photographie, la musique (oui, même la chanson de Scarlett Johansson !) et le jeu de Joaquin Phoenix font de ce film une véritable merveille. La solitude a rarement aussi bien été peinte au cinéma, la beauté des lumières et des détails forment un tout accompagnant l’univers parfaitement vraisemblable de cette anticipation dystopique.

About Pierre Legrix

Fondateur de Nonobstant, écrivain public à Nantes, je suis aussi professeur de Français, de Latin et de Grec dans la région nantaise. De formation Littéraire "Classique" j'apprends par moi-même l'informatique pour vous proposer ce site internet.

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